C’est fait. On a adopté à l’unanimité la loi qui crée les tribunaux spécialisés en violences sexuelles et conjugales, et ça veut dire que dans quelques années à peine, ils seront implantés partout sur le territoire du Québec. Honnêtement, je pense que je n’ai jamais quitté l’Assemblée nationale avec un si grand sentiment d’accomplissement.

Il y a 3 ans, on venait d’être élus, et ce projet n’était pas du tout un engagement de la CAQ. Mais grâce à la force de la mobilisation des victimes et à leurs témoignages éloquents sur les failles du système de justice, on a réussi à convaincre le gouvernement de se mettre en action, et de le faire ensemble, de manière transpartisane.

J’ai vu bien du monde douter de ça, que la CAQ, le PLQ, QS et le PQ puissent vraiment travailler ensemble et que ça donne des résultats. Ce n’est pas la politique à laquelle les gens sont habitués, et il y a bien des cyniques. Mais j’ai aussi vu des gens remplis d’espoir face à cette démarche, et ce sont eux et elles qui avaient raison.

Avec mes collègues, et surtout l’apport inestimable du comité d’expert.e.s, on a déposé il y a presque 1 an le rapport Rebâtir la confiance, avec ses 190 recommandations. Et encore là il y avait chez les gens un mélange d’espoir et de scepticisme, parce qu’on a vu tant de bons rapports dormir sur des tablettes. Mais pas celui-là, pas avec des élues aussi convaincues de la nécessité de le mettre en œuvre.

Le projet de loi pour créer les tribunaux spécialisés qu’on vient d’adopter, c’est bien plus qu’un consensus. On l’a littéralement rédigé ensemble, et on a eu la collaboration du ministre de la Justice pour ajouter tout ce qu’on a jugé nécessaire d’ajouter pour rester fidèles aux recommandations de notre rapport. Il a bien sûr parfois fallu argumenter un peu, ce n’était pas un long fleuve tranquille, mais on a réussi.

Le Québec est le premier endroit au monde à mettre en œuvre des tribunaux spécialisés en violences sexuelles et conjugales, et je suis extrêmement fière d’avoir participé à ce magistral changement de culture. Bientôt, toutes les victimes auront accès à un accompagnement spécialisé, offert par des intervenants formés, et ce dès leur premier contact avec les services policiers.

Si mon parcours en politique devait s’arrêter aux prochaines élections, je partirais avec le sentiment d’avoir contribué à changer les choses pour vrai, en bonne partie grâce à ce qu’on vient de faire sur ce dossier. J’espère évidemment poursuivre ce travail, parce qu’il reste des recommandations à mettre en œuvre, mais aussi parce qu’il y a encore bien des changements de culture à opérer au Québec, et que je veux y contribuer.

Merci à chaque personne qui a participé, de près ou de loin, à rendre ce qui s’est passé aujourd’hui possible. En particulier les victimes qui ont brisé le silence malgré la profondeur de leurs blessures. Ça n’aura pas été vain.

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