Pour souligner les Journées de la persévérance scolaire, j’ai envie de vous partager mon admiration envers les jeunes qui jour après jour vont à l’école. Souvent on est pris dans l’intensité de nos propres vies, et on oublie l’ampleur de ce qu’on leur demande.

Les élèves doivent faire preuve d’une grande capacité d’adaptation. Parfois, dès le début du primaire, ils sont confrontés à des changements fréquents de titulaires. Imaginez-vous combien ce serait éprouvant au travail de changer de patron 3 fois dans l’année, ou 3 fois dans la même semaine. C’est ce que vivent plusieurs enfants, et ils apprivoisent chaque fois l’enseignant.e de leur mieux, sans savoir combien de temps cette personne va rester.

Les élèves, une fois qu’ils ont terminé leur journée de 7h, ramènent souvent du travail à la maison et doivent se remettre la tête dans leurs cahiers avant ou après le souper. Parfois même la fin de semaine. Il n’y a pas de droit à la déconnexion pour bon nombre d’élèves, qui doivent consacrer du temps supplémentaire à leurs études, en dehors de leur semaine à temps plein en classe. Mais ils persévèrent, soucieux de répondre aux attentes et de réussir.

Les élèves sont soumis a un stress important à l’école. La socialisation est intensive et laisse peu de répit. Imaginez-vous passer plusieurs heures par jour avec une vingtaine ou même une trentaine de personnes dans un local, 5 jours par semaine. Attendre tout le temps son tour pour poser une question, boire de l’eau, aller à la toilette. Attendre souvent après les autres pour que le cours continue, pour se déplacer. Ça demande un grand effort de contrôle de soi et de tolérance, et c’est parfois épuisant.

Des élèves passent leur journée dans un local sans fenêtre. Certains se font intimider, ou se sentent obligés de cacher une partie de leur personnalité pour ne pas être intimidés. D’autres vivent de grandes anxiétés face aux évaluations, au point de se rendre malades. Parfois ils vivent de grandes difficultés à la maison ou ne mangent pas à leur faim.

L’école est certainement source d’épanouissement. Le personnel s’y dévoue corps et âme, souvent au détriment de leur santé ou de leur vie personnelle. Mais quand même, les conditions d’apprentissage de l’école représentent un défi important, que plusieurs adultes auraient du mal à supporter. Et pourtant les élèves, jour après jour, vont à l’école. Parfois à reculons, mais ils y retournent, et ils persévèrent.

Je trouve leur persévérance admirable. Ils fleurissent dans des conditions où on peine à croire que c’est possible. Imaginez si on améliorait ces conditions.

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