PAR VINCENT LARIN

Prolonger le congé scolaire des Fêtes pour offrir une quarantaine aux enfants avant leur retour en classe ne servira à rien s’ils se retrouvent en services de garde comme l’a évoqué le premier ministre, François Legault, croit l’opposition.

Pour les porte-parole en matière d’éducation des trois partis minoritaires à l’Assemblée nationale, le gouvernement Legault devrait d’abord s’assurer de réduire la transmission de la COVID-19 dans les écoles à l’approche de Noël.

«On met la charrue devant les bœufs. On parle de Noël, on parle de janvier, mais moi lundi je suis arrivé à mon école primaire et j’ai cinq classes qui sont confinées. Est-ce qu’on peut d’abord gérer cette semaine et celles qui s’en viennent », a dit la députée libérale Marwah Rizqy, qui profite du congé de travaux parlementaire pour faire de la suppléance.

Selon cette dernière, acheter des détecteurs de Co2 et des purificateurs d’air serait «le plus beau cadeau de Noël» que le premier ministre, François Legault, pourrait faire au réseau de l’éducation. Il s’agit d’une demande maintes fois exprimée par l’opposition à Québec ces dernières semaines dans l’espoir de réduire la contamination par l’air dans les écoles de la province.

Pour la solidaire Christine Labrie, le gouvernement n’a pas fait la démonstration que le prolongement du congé scolaire serait bénéfique.

«Du moment où on ouvre les services de garde, les enfants vont devoir être jumelés ensemble dans des groupes qui combinent plusieurs bulles-classes ensemble. Donc ça vient un peu contrecarrer l’objectif qu’ils soient en quarantaine plus longtemps », a-t-elle fait savoir.

Sa collègue au Parti québécois, Véronique Hivon, a confié avoir reçu de nombreux appels de parents inquiets et demande d’entendre l’avis de la santé publique.

«Ça semble à priori difficilement passer le test de la logique, c’est pour ça que ça va prendre les avis de la santé publique à savoir: qu’est-ce qui est différent dans un service de garde versus une salle de classe», a-t-elle dit.

Les trois porte-parole s’entendent aussi pour dire que Québec doit consulter les éducatrices en service de garde s’il va de l’avant avec cette prolongation des vacances scolaires.

Celles-ci ont reçu comme une «claque au visage» la proposition du gouvernement puisqu’elle augmenterait considérablement leur charge de travail.

«Après les trois journées pédagogiques supplémentaires annoncées [plus tôt dans l’année] sans aucune considération pour le personnel et la surcharge de travail qui lui sera occasionnée, le gouvernement en rajoute une couche avec le prolongement du congé scolaire. Le personnel de soutien est épuisé, quand est-ce qu’il va enfin nous écouter ? » s’est insurgé la présidente du secteur scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), Annie Charland.

Pour consulter l’article : https://www.journaldequebec.com/2020/11/18/prolongement-du-conge-scolaire-quebec-met-la-charrue-devant-les-bufs-dit-lopposition.

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