PAR MÉLISSA FAUTEUX

La députée solidaire Christine Labrie dit avoir été atterrée par le sort réservé à une jeune femme de 18 ans, agressée sexuellement le 18 septembre dernier, et qui n’a pu compléter sa trousse médico-légale.

À deux reprises en deux jours, la victime s’est rendue au CHUS Fleurimont pour subir une trousse médico-légale. Chaque fois, on l’a retournée chez elle, faute d’infirmière pour s’occuper d’elle.

Pour la porte-parole solidaire en matière de condition féminine, cet événement démontre à quel point notre réseau de santé est précaire et à quel point la pénurie de personnel vient toucher un grand nombre de services aux citoyens.

Selon elle, il est inconcevable et inacceptable que le système n’ait pas été en mesure de prendre soin de cette victime.

La députée de Sherbrooke demande d’ailleurs aux citoyens de communiquer avec son bureau de circonscription s’ils constatent des lacunes dans les services publics. Elle veut documenter le tout.

«C’est vraiment affligeant de voir ça, d’autant plus que le CALACS mentionne que ça s’est produit à quelques reprises au cours des derniers mois. Je ne comprends pas d’abord qu’on n’ait pas été informé de ces bris de services avant», a affirmé Christine Labrie.

«Il y a un besoin de plus grande transparence de la part du CIUSSS. Il doit le nommer lorsqu’il a des ruptures de services au sein de ses installations. La population doit le savoir et on doit mettre en œuvre des solutions», a-t-elle ajouté.

Rappelons que la trousse médico-légale est un outil qui permet d’identifier ou de confirmer l’identité d’un suspect. Elle doit être réalisée moins de cinq jours après l’agression. Elle constitue une preuve substantielle si la victime décide de porter plainte à la police.

«C’est clair que lorsqu’il y a une trousse médico-légale qui démontre que l’accusé est relié au crime, de par son ADN, c’est sûr que c’est une preuve qui est très forte et qui fait en sorte que l’individu va avoir de la difficulté à indiquer qu’il n’a pas commis les gestes. Il reste par la suite à vérifier si le consentement était là, ou non», a expliqué l’avocat Jean-Guillaume Blanchette.

L’an dernier au Québec, moins d’une femme sur cinq qui a été victime d’agression sexuelle a passé une trousse médico-légale, selon le regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel et la violence faite aux femmes.

LIEN VERS L’ARTICLE: https://www.journaldemontreal.com/2020/10/06/pas-dinfirmiere-pour-faire-une-trousse-medico-legale-une-situation-inacceptable-dit-une-deputee

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