La députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie, a invité le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, à commander une étude sur le rôle que joue les milieux scolaires dans l’éducation et la prévention des agressions sexuelles.

Jean-François Roberge a reconnu que le fait de subir des violences sexuelles pouvait mener au décrochage, mais a admis que son ministère ne disposait pas de données pour agir.

Le ministre s’est donc dit « ouvert à accueillir ’’ l’invitation de la députée. Le rôle de la prévention et de l’éducation dans les milieux scolaires est primordial, selon la députée de Sherbrooke.

«16 % des Québécois ont vécu une agression sexuelle avec contact avant 18 ans. Au pro rata d’une classe de 25 élèves, il s’agit de quatre jeunes qui vivront possiblement une agression sexuelle.»

Pour Christine Labrie, il s’agit donc vraiment d’un enjeu qui touche les mineurs.

« La plupart du temps pour les jeunes filles, l’agression se situe entre 12 et 17 ans. Et pour les jeunes garçons, la plupart du temps, ils avaient moins de 12 ans au moment de l’agression. » — Christine Labrie, députée solidaire de Sherbrooke

Le manque de support dans les milieux scolaires peut rapidement mener à d’autres problèmes de toxicomanie ou de santé mentale, des enjeux qui minent l’éducation des jeunes, indique-t-elle.

De là l’importance d’agir rapidement.

  «Ce que je voudrais, c’est que ça fasse partie des démarches faites dans les écoles quand on voit qu’un élève fonctionne moins bien. Qu’on vérifie s’il n’y a pas des services à lui offrir concernant les agressions sexuelles.»

Un problème qui doit se régler tôt

Selon la députée de Sherbrooke, les quelques 15 heures accordées par le programme d’éducation à l’enseignement sexuel sont trop peu afin de faire de la sensibilisation auprès des jeunes.

«On parle de 5 à 15 heures selon le niveau scolaire. Ça ne laisse pas beaucoup de temps pour aborder des notions comme le consentement. Ce sont donc des jeunes qui vont principalement faire leur éducation sur internet avec la pornographie qu’on y trouve.»

Un autre aspect à la problématique est le manque d’outils offert aux corps professoraux afin d’aborder la matière de manière efficace et pour répondre adéquatement aux besoins.

«Ils ne sont pas outillés pour eux-mêmes pour répondre aux dévoilements [en cas d’agression sexuelle], ils savent que dans l’école il n’y a pas les services pour répondre aux besoins d’un élève qui serait prêt à dévoiler une agression.»

La future étude, en plus d’offrir des pistes des solutions, s’intéressera éventuellement à l’impact des violences sexuelles sur le décrochage scolaire.

Lien vers l’article: https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1727448/agressions-sexuelle-milieux-scolaire-etude-roberge-labrie

 

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