Près d’une soixantaine de personnes se sont réunies devant l’hôtel de ville de Sherbrooke, samedi en fin d’après-midi, afin de dénoncer la réforme du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

 « Non à la réforme caquiste, PEQ injustice », a scandé à plusieurs reprises le groupe de manifestants composé majoritairement d’étudiants et de travailleurs internationaux.

Le PEQ est un programme d’immigration permettant aux étudiants d’être sélectionnés afin d’obtenir un Certificat de sélection du Québec en vue de devenir résidents permanents. À la fin du mois de mai, le gouvernement Legault a présenté une nouvelle mouture du PEQ qui suscite la colère chez la communauté internationale installée dans la province.

La non-reconnaissance des acquis et de l’expérience de travail et de stages ainsi que l’allongement du délai de traitement des demandes sont des points qui soulèvent la grogne chez plusieurs personnes. « Cette réforme rend encore plus difficile le processus permettant d’avoir accès à la résidence permanente pour les étudiants et les travailleurs internationaux. Le message que ça envoie au reste du monde est que le Québec fait preuve de fermeture alors que les étudiants et les travailleurs internationaux contribuent activement à notre société », affirme le président de l’Association interculturelle de l’Université de Sherbrooke (AIEUS), Félix Guay-Dufour.

« Le minimum qu’on demande, c’est que la CAQ respecte son engagement de maintenir un droit acquis pour que les étudiants déjà inscrits soient soumis aux règles qui étaient en vigueur quand ils se sont inscrits. Mais le mieux serait de retirer complètement cette réforme qui va nuire considérablement au Québec dans le recrutement d’étudiants étrangers. Avec ce que veut faire la CAQ, le délai d’obtention de la résidence permanente sera plus long ici qu’ailleurs. Pour les étudiants internationaux, cette réforme est un incitatif à aller étudier dans les autres provinces plutôt qu’au Québec. On se tire dans le pied », mentionne la députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie.

Arrivée au Québec depuis trois ans, Fritzna Blaise est une étudiante à la maitrise en recherche en sciences de la santé à l’Université de Sherbrooke. Originaire d’Haïti, la dame est médecin psychiatre. Elle espère être entendue par le gouvernement. « Cette réforme demande qu’on ait une expérience allant d’un à deux ans sur le marché du travail après l’obtention de notre diplôme. Il y a plein de barrières qui finissent par alourdir le dossier en temps et en énergie. La réforme est injuste et nous place dans des conditions de précarité. »

Jessica Jann et Teura Barff sont arrivées au Québec à 17 ans. Neuf ans plus tard, elles ne sont toujours pas admissibles au PEQ. « Depuis neuf ans, on nous dit d’attendre d’avoir terminé nos études avant de postuler. Maintenant, nous sommes pratiquement à la fin de notre doctorat, le gouvernement change cette réforme et les délais sont augmentés. Le travail que nous avons déjà fait en tant qu’auxiliaire d’enseignement ou en tant que chargés de cours n’est pas pris en compte. Ça nous donne l’impression de ne pas faire partie du Québec », note Mme Jann.

« J’ai construit ma vie dans ce pays et maintenant, je me sens rejetée », lance Mme Barff en s’adressant à la foule armée d’un porte-voix. En entrevue avec La Tribune, la dame a également souligné la lourdeur administrative afin de renouveler les permis d’études année après année.

L’étudiant au doctorat, Romain Durand, souhaite que la population québécoise soit davantage informée sur le processus par lequel les étudiants internationaux doivent passer.

L’arrivée en poste de la nouvelle ministre de l’Immigration, Nadine Girault, à la suite du remaniement ministériel effectué par François Legault, donne de l’espoir au président de AIEUS, Félix Guay-Dufour.

« J’ai espoir que ce remaniement apporte une plus grande ouverture et une plus grande sensibilité à l’égard de la réalité des étudiants internationaux. » D’autres événements ont été organisés partout à travers la province afin de dénoncer cette réforme notamment à Montréal et à Québec.

Lien vers l’article: https://www.latribune.ca/actualites/sherbrooke/les-etudiants-internationaux-sopposent-a-la-reforme-du-peq-d29d820c1fbf41d4650deaed01f45991

Laisser un commentaire