C’était déjà bien difficile d’obtenir une place en garderie et maintenant la pandémie complique davantage la tâche des parents. Même avec la réouverture prochaine des services de garde au maximum de leur capacité d’accueil, certains craignent de ne pas pouvoir retourner travailler si la situation ne change pas.

Jeudi, différentes sorties et annonces ont eu lieu concernant les services de garde. Québec solidaire a notamment présenté un plan pour contrer ce qu’il qualifie de «pénurie de places» dans les services de garde.

Pour l’instant, il n’est toutefois pas possible de chiffrer ce manque de places. Les derniers chiffres datent déjà d’un peu plus d’un an, où 42 000 enfants étaient en attente. Le contexte était alors bien différent.

Le ministère de la Famille ne veut pas avancer de nouveaux chiffres tant que le réseau n’est pas revenu à sa pleine capacité d’accueil, mais rien n’indique que la situation se soit améliorée. Au contraire, selon les différentes sources contactées.

Dans sa circonscription de Jean-Lesage, le député de Québec solidaire, Sol Zanetti, a récolté une soixantaine de témoignages de parents en attente d’un endroit où envoyer leur enfant. «On veut que l’économie reprenne, mais la situation empêche les gens de retourner travailler», soutient-il.

Pas de places pour les poupons

Anne-Marie Morisette-Dupuis est mère de trois enfants. Elle cherche deux places en novembre pour ses jumeaux de quatre mois. «Pour moi, le défi est double; déjà que c’était difficile avant la pandémie, maintenant on voit qu’il y a plusieurs milieux qui ont fermé où qui n’ont pas ouvert à pleine capacité», remarque-t-elle.

Elle cherche d’ailleurs des places depuis bien avant l’arrivée de la COVID-19. «Aussitôt que tu sais que tu es enceinte, il faut commencer à chercher», souligne la mère des jumeaux.

Même son de cloche pour Marc-André Beaulieu, le père d’un bambin de six mois, qui cherche depuis l’été passé.

Sa conjointe, qui est médecin, a dû retourner travailler il y a trois semaines. Maintenant, c’est lui qui est à la maison à temps plein. «Mon employeur s’attend à ce que je revienne en septembre, mais comme c’est là, je ne sais pas si je vais pouvoir», relate-t-il.

Les deux parents ont remarqué à travers leurs recherches que ce sont les places pour poupons qui se font les plus rares. Une impression qui semble réaliste, puisque 68 % des enfants sur les listes d’attente auraient moins de deux ans, selon Québec solidaire.

Le plan de Québec solidaire

La députée de Sherbrooke et porte-parole de Québec solidaire en matière de famille, Christine Labrie, a présenté jeudi un plan pour notamment contrer le manque de place pour les poupons.

Il y est proposé trois mesures : permettre aux milieux familiaux d’accueillir jusqu’à quatre poupons, permettre que les prestations du Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) puissent être étendues sur les 18 mois suivant une naissance et cesser de comptabiliser les enfants d’âge scolaire dans les milieux familiaux, car ils n’y sont que 3 heures par jour.

Le député de Jean-Lesage, Sol Zanetti, est lui-même aux prises avec le défi de trouver une place pour son futur enfant. «En février, j’ai appris que ma conjointe était enceinte, alors j’ai l’impression que je vais vraiment apprendre à connaître ce volet du système dans les prochains mois», affirme-t-il.

Même s’il ne peut pas relier directement la décision à la pandémie, il a dénombré au moins cinq services de garde en milieu familial de sa circonscription qui ont cessé leurs opérations dans les derniers mois.

«C’est comme si la pandémie avait relevé les fragilités déjà présentes dans nos services sociaux», ajoute-t-il.

La réponse du ministère

De son côté, le ministère de la Famille dit continuer à développer les 15 000 places qu’il a promises en garderies subventionnées et qui incluent des places pour les poupons.

Il réfléchit aussi à d’autres possibilités pour améliorer l’offre.

 Par contre, il est peu probable que les ratios actuels pour les enfants de moins de 18 mois (environ une éducatrice pour trois poupons en fonction du type de service) soient modifiés pour des raisons de sécurité.

Dès lundi, les services de garde rouvriront à leur pleine capacité d’accueil à l’extérieur de Montréal, de Joliette et de la ville de L’Épiphanie. Ils devront attendre au 29 juin, si la situation sanitaire le permet.

 Lien vers l’article: https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1713366/penurie-places-garderie-poupons-quebec-pandemie

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