Par JONATHAN CUSTEAU

L’arrêt des chantiers de construction cause bien des maux de tête à la Coopérative des Grandes Familles, qui orchestrait la construction de 19 logements pour familles nombreuses pour le 1er juillet, rue de Courville, dans le district d’Ascot. Julie Dionne, responsable du comité de construction, s’inquiète de voir une centaine de personnes sans logis cet été si les travaux sont interrompus au-delà de la date du 13 avril déjà annoncée.

« Il nous manque deux mois de travaux pour être en mesure de livrer les appartements. Les baux étaient signés et ces 19 familles avaient signalé à leur propriétaire qu’elles quittaient leur logement pour le 1er juillet », explique Mme Dionne.

Pour être admise dans la Coopérative des Grandes Familles, chaque cellule familiale doit compter au moins cinq membres. « Nous avons des familles qui ont cinq, six, et même huit enfants. Quinze de ces familles ont de faibles revenus. Nous avions trois semaines de jeu en cas de problèmes, ce qui nous mène au 13 avril. Si la construction ne reprend pas, nous ne pourrons pas livrer pour le 1er juillet comme prévu. »

Pour être considérée à faibles revenus, une famille de trois enfants doit gagner un maximum de 30 000 $ par année. Pour quatre enfants et plus, le revenu maximum est fixé à 42 000 $.

« Ce sont surtout des familles issues de l’immigration. Elles sont nerveuses. Elles doivent parfois louer deux appartements pour loger tout le monde. Ce que nous proposons, ce sont des logements sous la forme de maisons de ville pour que ces familles soient réunies dans un même endroit », explique Julie Dionne.

« Nous avons des gens à qui nous avions promis des logements et à qui nous ne pouvons pas rendre le service. Si ces familles se retrouvent à la rue, nous aurons un problème sanitaire important. Je ne peux pas penser qu’on devra les entasser dans des chambres d’hôtel. »

Julie Dionne a tenté de faire reconnaître la construction de la coopérative comme un service essentiel en remplissant un formulaire en ligne. Elle a reçu une réponse générique confirmant qu’il ne s’agissait pas d’un service essentiel.

« On nous a dit qu’il était possible qu’une mesure soit annoncée pour prolonger tous les baux et annuler les déménagements. Moins quand tout reprendra, il nous faudra deux mois de travaux avant de permettre les déménagements. Ce ne sera pas instantané. »

Mme Dionne estime que les travaux pourraient se poursuivre en respectant les mesures de distanciation sociale. Les employés n’ont pas à circuler dans des corridors communs et pourraient se limiter à un par appartement à la fois.

« Il y a plusieurs projets pour les grandes familles en ce moment parce que les besoins sont grands. Je suis vraiment inquiète. » Le bureau de la députée Christine Labrie a été saisi du dossier.

Au Parallèle de l’habitation de Sherbrooke, le président Pierre Avard a aussi formulé ses inquiétudes au début de la crise. Des logements sociaux pour familles nombreuses y sont aussi en chantier sur le boulevard Lavigerie. « C’est la première question que j’ai posée. Heureusement, nous n’avions pas encore attribué les logements qui sont en construction, donc aucun de nos futurs locataires n’avait résilié son bail actuel. Nous évitons ainsi d’avoir des personnes entre deux chaises. Je m’inquiète pour les logements sociaux après la crise, puisque la demande pourrait augmenter. Les besoins risquent d’être plus grands. »

La députée Christine Labrie dit avoir fait des démarches auprès du ministère de l’Habitation pour que les baux actuels puissent être prolongés ou que des mesures soient prévues dans les cas où le déménagement n’est pas possible. « Il risque d’y avoir un effet de domino inévitable. Idéalement, on aimerait que la situation se stabilise pour que les chantiers reprennent et que les logements soient habitables. Nous attendons des annonces du ministère de l’Habitation dans les prochains jours, sachant que cette situation n’est pas unique. »

Si elle n’obtient pas de réponses rapidement, Christine Labrie promet de talonner la ministre.

Lien vers l’article: https://www.latribune.ca/actualites/sherbrooke/des-familles-nombreuses-pourraient-se-retrouver-a-la-rue-ab6f7c07a8761f541c6fa89325998a1b?utm_campaign=latribune&utm_medium=article_share&utm_source=facebook

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