Elles sont des leaders. Elles connaissent le succès. Mais comme beaucoup, elles ont vécu par le passé des moments difficiles qui ont affecté leur santé mentale. Pour que ceux qui souffrent demandent, comme elles, de l’aide, elles s’ouvrent comme jamais.

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Ça devait être le plus beau moment de sa vie. Devenir mère. Mais son rêve a rapidement fait place à de la détresse. « J’avais hâte que chaque journée finisse », raconte Christine Labrie, mère de trois enfants, qui lève le voile sur la dépression post-partum qu’elle a vécue après la naissance de son premier bébé.

Elle avait à l’époque 20 ans. Elle habitait à Québec pour ses études, mais sa famille vivait toujours à Sherbrooke, où elle est aujourd’hui députée de Québec solidaire. Quand son conjoint est retourné au travail, à la fin de son congé parental, Christine Labrie s’est sentie seule. Très seule.

« J’aurais voulu que mon enfant dorme tout le temps. Je n’avais plus de plaisir à être avec lui », se remémore-t-elle en entrevue avec La Presse.

« Je me sentais très isolée et déprimée », ajoute-t-elle.

La dépression post-partum (ou dépression postnatale), explique le site Naître et grandir de la Fondation Chagnon, est un problème de santé mentale qui peut survenir « à tout moment pendant l’année suivant l’accouchement ». Elle touche 7 % des mères dans les trois premiers mois suivant l’accouchement et jusqu’à 19 % des femmes « dans le cas d’une dépression légère ».

Mais à l’époque, explique Christine Labrie, les connaissances sur cette forme de dépression étaient moins poussées. Quand elle a rencontré une infirmière pour un rendez-vous de vaccins avec son enfant, cette dernière lui a dit qu’elle n’en souffrait pas. Trop de temps s’était écoulé depuis son accouchement, jugeait-elle.

Sortir de l’isolement

De retour chez elle, Christine Labrie s’est sentie isolée. « J’avais l’impression que je n’arrivais à rien faire de ma vie. Que mon bébé était un fardeau », se remémore-t-elle.

« Quand on a un bébé en bas âge et que l’on vit ce niveau de détresse, sortir devient vraiment lourd et compliqué. Il faut vraiment faire des efforts soutenus », poursuit la députée.

Sans ressources, « déprimée », la jeune mère s’est tournée vers l’organisme Mères et monde de Québec, un centre communautaire et résidentiel géré par et pour les jeunes mères. Leurs ressources tentent de « briser l’isolement [et] prévenir l’épuisement », entre autres.

« Je pense que c’est comme ça que j’ai réussi à m’en sortir. En parlant avec d’autres personnes », dit-elle.

« Il faut normaliser le fait qu’il n’y a pas que des moments heureux qui viennent avec la parentalité. Il y a aussi des moments difficiles, et quand on les vit, il faut savoir que l’on n’est pas seul. »

Aujourd’hui députée, la Sherbrookoise profite de ses tribunes pour « ouvrir les conversations » sur des enjeux moins abordés dans la société. Elle l’a fait l’automne dernier avec des consœurs des autres partis politiques en dénonçant au Salon bleu la cyberintimidation. Cette fois-ci, elle s’ouvre pour rappeler aux mères qu’elles n’ont pas à avoir honte si elles vivent une dépression post-partum.

« Quand on devient parent, on a tendance à idéaliser beaucoup la parentalité. Moi-même, je le faisais, poursuit Christine Labrie. Maintenant que je vois de plus en plus de femmes autour de moi devenir mères, je leur dis que ce n’est pas toujours facile. Pour qu’elles sachent que c’est normal de trouver ça difficile [et] qu’elles ne sont pas seules à le vivre. »

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