Les récentes sorties médiatiques de la députée de Sherbrooke, Christine Labrie, ainsi que la dénonciation de certaines élues sherbrookoises concernant la violence en ligne vécues par les femmes en politique montrent que la situation est plus qu’alarmante et que des actions concrètes doivent être posées. Alors que PEPINES œuvre depuis 27 ans à aplanir de nombreux obstacles qu’elles rencontrent durant leur parcours, la menace de vivre de la violence psychologique peut clairement être la raison pour quitter la vie politique.

On remarque un effort considérable pour augmenter la présence des femmes en politique. Aux dernières élections fédérales, pour la toute première fois, un peu plus de 43 % des candidatures étaient féminines. Malgré ce constat, la parité en politique n’est pas gagnée. Plusieurs études le démontrent, il existe encore des obstacles systémiques qui freinent l’engagement des femmes en politique. On parle ici notamment de la difficulté à concilier la famille et le travail, de stratégies de réseautage et de recrutement différentes, tous des facteurs qui peuvent se résorber. Or, le harcèlement et l’intimidation sont plus insidieux. Comment vivre cette violence psychologique et comment l’arrêter? Selon une étude menée par la Fédération québécoise des municipalités (FQM) auprès d’élu.e.s. municipaux en 2017, 28 % des répondant.e.s. affirmaient avoir été victimes de harcèlement ou d’intimidation au cours de leur mandat. Si les hommes sont aussi visés, les femmes le vivent différemment. En plus de souvent avoir des doutes injustifiés concernant leur capacité à gouverner, elles doivent aussi fréquemment vivre avec la culpabilité de « sacrifier » du temps en famille pour exercer leur fonction. Si en plus, elles doivent conjuguer avec le harcèlement, plusieurs d’entre elles estiment que le jeu n’en vaut plus la chandelle.

Le harcèlement et l’intimidation via les réseaux sociaux sont une nouvelle forme de violence qui est malheureusement souvent banalisés. Combien de fois avons-nous entendu : « C’est ça, faire de la politique ». Et si, en tant que société, nous décidions que ce n’était plus cela, faire de la politique en 2020? Pourquoi tolérer ces propos, baisser les yeux et laisser les détracteurs cracher leur venin sur nos élu.e.s. qui ont pourtant été choisis pour gouverner? Dans la foulée du mouvement #moiaussi, on a massivement dénoncé les violences sexuelles. Nous croyons qu’il est maintenant grand temps de dénoncer la violence psychologique (…)

PEPINES encourage fortement les élu.e.s victimes de violence psychologique à dénoncer, à porter plainte et à se tenir debout devant ces tentatives de les exclure de la place publique. (…) Il faut cesser de tolérer l’intimidation sous toutes ses formes et se montrer solidaires envers nos élu.e.s. qui, ne l’oublions pas, travaillent dans un objectif de bien commun pour nos communautés.

Les récentes sorties médiatiques de la députée de Sherbrooke, Christine Labrie, ainsi que la dénonciation de certaines élues sherbrookoises concernant la violence en ligne vécues par les femmes en politique montrent que la situation est plus qu’alarmante et que des actions concrètes doivent être posées. Alors que PEPINES œuvre depuis 27 ans à aplanir de nombreux obstacles qu’elles rencontrent durant leur parcours, la menace de vivre de la violence psychologique peut clairement être la raison pour quitter la vie politique.

Solange Masson

Directrice générale Promotion des Estriennes pour initier une nouvelle équité sociale

Lien vers l’article: https://www.latribune.ca/opinions/la-violence-en-ligne-contre-les-femmes-en-politique-6906715105b2f18a7ba6895a87754b0f

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