De plus en plus de femmes victimes de violence conjugale font appel à des maisons d’hébergement au Québec au point où ces dernières réclament l’aide du gouvernement pour combler un manque «chronique de financement».

Accompagnées de députées des trois partis d’opposition à l’Assemblée nationale, 35 représentantes de maisons d’hébergement de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF) ont pris le micro, mercredi, pour demander au gouvernement d’investir davantage dans leurs services.

Ce sont 35 000 demandes d’hébergement qui sont refusées chaque année au Québec dans les différentes ressources d’aide, a expliqué la directrice générale de l’organisme, Manon Monastesse. «Le sous-financement, chronique depuis plusieurs années, empêche des centaines de femmes, et d’enfants, d’obtenir de l’aide. Ils cognent à nos portes et on refuse de les prendre. C’est inacceptable», a-t-elle déclaré.

Seulement à la FMHF, 15 000 demandes d’hébergement sont refusées chaque année faute de places disponibles, alors que les taux d’occupation de leurs installations avoisinent les 100 %. Malgré tout, 3500 femmes et leurs 1500 enfants y sont hébergées et la moitié de ces femmes doivent composer avec des problèmes de santé mentale.

À la veille d’une mise à jour économique du gouvernement Legault, la FMHF estime qu’une somme de 50 millions $ devrait être investie pour combler les manques dans son réseau, mais aussi pour permettre de créer suffisamment de nouvelles places.

«On est très en deçà au niveau des conditions de travail, au niveau [du secteur public]. Il n’y a pas de retraite, le salaire horaire est en bas de 20 $, et ce sont souvent des filles qui ont des baccalauréats, des maîtrises», a aussi indiqué Manon Monastesse.

«C’est clair que la situation mérite une réponse urgente, elle doit venir dans la mise à jour économique de demain», a affirmé la députée solidaire Christine Labrie. Elle rappelle qu’une femme par mois est tuée par son conjoint ou son ex-conjoint dans la province.

Loin de s’essouffler, le fléau de la violence conjugale est de plus en plus présent au Québec, selon Manon Monastesse, entre autres en raison des campagnes de sensibilisation qui poussent de plus en plus de victimes à aller chercher de l’aide. Malgré tout, seulement 19 % des femmes soutenues par la FMHF portent plainte à la police, faute de confiance et de soutien dans le système de justice.

Lien de l’article: https://www.journaldemontreal.com/2019/11/06/des-fonds-demandes-pour-les-maisons-dhebergement-pour-femmes?fbclid=IwAR2N6G8f9TNtxIkkrAbRu7lPmtcIUjT2BnEIHgw1Lz6LBs_TEKsATkuG39U

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