Le recteur de l’Université de Sherbrooke, Pierre Cossette, et la députée solidaire, Christine Labrie, ont réagi mercredi matin à l’annonce du ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, d’ajouter une clause de droits acquis pour les étudiants et travailleurs étrangers temporaires déjà au Québec.

La semaine passée, le gouvernement Legault avait annoncé un resserrement à l’accès au Programme de l’expérience québécoise (PEQ), qui offre aux étudiants étrangers une voie rapide vers la résidence permanente. Les candidats devront désormais posséder un diplôme dans l’un des domaines ciblés par le gouvernement pour accéder au programme.

Mais la clause de droits acquis annoncée par le ministre s’appliquera finalement aux personnes vivant, étudiant ou travaillant déjà au Québec. Le recteur de l’Université de Sherbrooke, Pierre Cossette, se réjouit de la nouvelle.

« Je suis très content d’entendre ça. C’est une très, très bonne nouvelle pour les étudiants qui étaient dans le parcours et qui étaient prisonniers du changement de règlement. Bonne nouvelle aussi pour les universités, ça rétablit notre crédibilité. » — Pierre Cossette, recteur de l’Université de Sherbrooke

M. Cossette ajoute, cependant, que ce droit acquis répond à une seule de leurs deux demandes. «L’autre demande est de revoir la liste des programmes et professions. On demeure en ouverture avec le ministère, parce qu’on continue de penser qu’un grand nombre de programmes, dont ceux de recherche, devraient être inclus dans la nouvelle liste.»

La députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie, salue également la décision du ministre Jolin-Barrette.

Elle dit n’avoir jamais vu un tel front commun à la période de questions, mardi, à l’Assemblée nationale. «Tous les partis de l’opposition l’ont consacré à poser des questions sur cet enjeu-là. C’était grave. Il y avait des étudiants dans les tribunes en larmes. Le recul était nécessaire. Justement, on dénonçait que l’approche en immigration de la CAQ est très inhumaine; pour eux, ce sont de la main-d’oeuvre, ce sont des gens jetables. Si on n’a plus besoin d’eux, on ne les veut plus ici. Je trouve que ça manque de sensibilité, ce sont des humains», a raconté Christine Labrie au microphone de l’émission Par ici l’info.

«C’était vraiment le bris d’une promesse qui avait été faite à ces étudiants qu’on est allé chercher à l’étranger en leur disant, une fois que vous serez ici, vous pourrez bénéficier de ce programme. Des étudiants qui sont ici depuis des années, qui sont sur le point d’être diplômés se font dire, finalement : « Ça n’a servi à rien ce que tu as fait depuis le début, tu ne peux pas avoir accès au programme ». Les étudiants étaient démolis. Ce recul était absolument nécessaire», a-t-elle ajouté.

Les universités, des étudiants, mais aussi des avocats et de nombreux experts se sont insurgés ces derniers jours contre ces mesures qui, selon eux, peuvent nuire à l’image et à l’attrait de la province.

Lien: https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1378056/immigration-reactions-estrie-quebec-decision-loi?fbclid=IwAR0tp7haVbEnP_-agCP3CzUqbzLGio8_PQVQReAYudQFv6Us_PWfSJ8VlQ8

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